L'essentiel de l'article
Il y a six mois, nous disions à nos clients que l'IA était nulle en présentation. Ce n'est plus le cas. Et cela change la valeur perçue dans notre métier, comme probablement dans le vôtre.
Des dizaines d'outils IA promettent aujourd'hui de générer des présentations professionnelles : ChatGPT et son écosystème, Gamma, Tome, Beautiful.ai, Canva Magic Design, Presentations.AI, et désormais Claude Design d'Anthropic.
Nous l'avons testé en profondeur, sur des cas réels de présentations à enjeu. Voici ce que nous en retenons, sans complaisance ni technophobie.
Notre test sur une présentation commerciale réelle : ce que Claude Design réussit vraiment
Pour évaluer sérieusement où en est l'IA, nous avons soumis à Claude Design un brief identique à ceux que nous recevons régulièrement de nos clients : une présentation commerciale destinée à un rendez-vous décisif, avec un objectif clair, une cible identifiée, une charte graphique fournie en entrée et des données chiffrées sur l'offre.
Le résultat est bluffant sur plusieurs points.
La structure tient la route. Environ 60 % des titres proposés sont clairs et bien marketés. L'IA comprend l'enchaînement narratif basique d'une présentation commerciale : contexte, problème, offre, preuves, prochaine étape.
La moitié des contenus est exploitable. 50 % des paragraphes générés sont utilisables tels quels ou avec un ajustement mineur, et certaines idées sont franchement bonnes.
Le design respecte la charte à 80 %. Couleurs, typographies principales, codes visuels de la marque : Claude Design intègre correctement la charte graphique fournie.
Pour ceux qui n'avaient pas regardé l'IA sur ce terrain depuis dix-huit mois, c'est une rupture. Le saut est réel.

Ce qui n'est pas satisfaisant (et pourquoi ça compte)
"Bluffant" ne veut pas dire "satisfaisant". Sur la même présentation commerciale, plusieurs limites sérieuses apparaissent.
La promesse commerciale n'est pas assez spécifique. Il manque des datas importantes sur l'offre ou des étapes de la démarche d'accompagnement, pourtant fournies en entrée. L'IA reformule, généralise, lisse. Or une présentation commerciale gagnante repose sur la précision : chiffres concrets, bénéfices mesurables, différenciateurs nets.
Le design est aride. Aucune image, plusieurs pages à refaire intégralement, mises en page répétitives. Sur une présentation à enjeu, c'est rédhibitoire : l'œil décroche, le message s'efface, la perception de qualité s'effondre. On repère très vite une présentation IA.
L'export PowerPoint est cassé. Des éléments ont sauté lors du passage en .pptx, les typographies ne sont plus calées, les alignements sont à reprendre, les couleurs ne correspondent plus exactement à la charte. Pour un client qui doit ouvrir le fichier et le modifier ensuite, l'expérience est mauvaise.
Pourquoi une bonne présentation IA dépend de trois choses
Quel que soit l'outil utilisé, la qualité d'une présentation IA dépend toujours de trois leviers. Aucun ne peut être négligé.
1. La qualité de l'IA elle-même. C'est le seul levier sur lequel vous n'avez pas la main. Les modèles progressent vite, et l'écart entre un Claude Design utilisé sur un cas pertinent et un ChatGPT prompté à la volée est aujourd'hui considérable.
2. L'intention en entrée. C'est de loin le levier le plus sous-estimé. Une IA ne devine pas l'intention. Elle reformule ce que vous lui donnez. Pour une présentation, l'intention couvre plusieurs dimensions précises :
- L'objectif réel de la présentation : informer, convaincre, faire signer, faire trancher
- Le public visé : niveau de maturité sur le sujet, attentes implicites, mode de fonctionnement
- Les émotions à provoquer : confiance, urgence, désir, sécurité, etc.
- Le format de prise de parole : oral commenté ou support lu en autonomie
- Le style rédactionnel : mots à utiliser ou à bannir, longueur de phrase, tonalité
3. Le jugement et l'ajustement en sortie. Même une présentation "bonne à 80 %" demande encore un travail substantiel pour devenir vraiment performante. Ce travail demande du jugement et donc de l'expertise.
Quand l'IA seule suffit, et quand elle ne suffit pas
Le débat ne devrait pas être "pour ou contre l'IA en présentation". Il devrait être : sur quel type de présentation l'IA seule suffit-elle, et sur lequel l'expertise reste-t-elle indispensable ?
L'IA seule suffit quand l'intention est évidente et l'output clair. Concrètement :
- Une présentation interne de reporting hebdomadaire ou mensuel
- Un compte-rendu de réunion structuré
- Un onepager d'information à diffuser largement
- Une mise en forme rapide de données chiffrées déjà clean
- La bascule en PPT "d'information" d'une matière déjà structurée
L'expertise reste indispensable dès qu'il y a un enjeu réel. C'est-à-dire dès qu'une présentation vise à convaincre un public, qu'elle porte une décision, une vente, une levée de fonds, une prise de parole publique ou un message stratégique. Typiquement :
- Une présentation commerciale qui défend une offre à plusieurs centaines de milliers d'euros
- Un pitch deck de levée de fonds devant des investisseurs
- Une présentation institutionnelle à un comité de direction ou un conseil d'administration
- Une keynote ou une intervention publique
- Une présentation de résultats financiers, un comité stratégique, une présentation de transformation
Sur ces présentations, l'IA peut faire environ 40 % du job. Pas plus. Et ces 40 % laissent 60 % du travail à un humain expert.
Où se concentre la valeur de l'expertise aujourd'hui
L'arrivée d'une IA capable de faire 40 à 80 % d'une présentation ne supprime pas la valeur d'une agence comme la nôtre. Elle la déplace, et elle la concentre sur trois zones précises.
En amont : l'intention que l'IA ne pourra jamais inventer. Avant d'écrire la moindre slide, nous travaillons avec nos clients sur l'objectif réel de la présentation, les non-dits du public, la promesse à formuler, l'ordre des arguments, la structure d'une offre, les preuves à mobiliser. Notre méthode IMPACT© structure ce travail amont depuis 2021, sur plus de 1200 projets clients dont des entreprises du CAC 40 comme EDF, Orange, BNP Paribas, Michelin ou Stellantis.
Dans les agents IA équipés de notre savoir-faire. Une IA générique produit du générique. Des agents IA paramétrés avec des règles de design propres à une marque, nourris d'une bibliothèque de présentations efficaces, alimentés par une grammaire éditoriale précise, deviennent un autre outil. C'est ce que nous construisons en interne.
En aval : le jugement et la capacité à finir le travail. Une présentation à 80 % n'est pas une présentation à 100 %. Reprendre les vingt derniers pourcents demande du jugement éditorial, un œil graphique entraîné, et la capacité à coucher sur la table une exigence professionnelle que l'IA ne porte pas seule.
Comment Histoires & Slides utilise l'IA en interne
Nous n'opposons pas l'IA à notre métier. Nous l'intégrons là où elle apporte une vraie valeur, sans dogmatisme et sans naïveté.
Au marketing, nous utilisons l'IA pour automatiser des tâches répétitives, accélérer la production de contenus, tester rapidement des angles éditoriaux.
Dans l'équipe commerciale, l'IA aide à structurer plus vite les premières réponses à des briefs entrants, à préparer des comptes-rendus de rendez-vous, et à fluidifier le suivi de nos prospects.
En production, nous utilisons l'IA pour "augmenter" nos équipes et les rendre encore meilleures. Au pôle contenus, les consultants s'appuient sur l'IA pour affiner la rédaction de messages clés, tester des scénarios narratifs. Les designers créent ou traitent les images avec IA et accélèrent les processus de veille et d'inspiration.
La vraie question : vos clients accepteront-ils le "40 % de l'IA" ?
C'est la question que nous nous posons chaque semaine. L'IA peut produire en autonomie une présentation à 40 % sur un sujet à enjeu, et à 80 % sur un sujet structuré. Cela suffira-t-il à votre audience ? À vos investisseurs ? À votre comité de direction ?
Trois scénarios sont possibles.
Le marché se nivelle par le bas. Si vos clients acceptent le 40 %, le standard de la présentation professionnelle baissera.
Le marché se polarise. D'un côté, des présentations IA standardisées pour les usages de routine. De l'autre, des présentations vraiment travaillées pour les moments décisifs. C'est le scénario que nous jugeons le plus probable, et le plus sain pour notre métier comme pour nos clients.
Le marché élève ses exigences. L'inflation visuelle pousse les décideurs à rechercher l'écart, la singularité, la précision. Le standard monte au lieu de baisser.
Notre conviction est simple. La valeur d'une présentation à enjeu ne disparaît pas, elle se concentre. Elle se concentre sur l'intention donnée à l'IA, sur la capacité à construire ses propres outils IA équipés de son savoir-faire, et sur le jugement humain qui juge la qualité du rendu et termine le travail.
Vous travaillez sur une présentation à enjeu en ce moment ?
Si votre prochain rendez-vous est une vraie présentation à fort enjeu commerciale, pitch deck, comité de direction ou prise de parole publique, nous sommes l'agence PowerPoint qui vous aide à passer de 40 % à 110 %. Nous travaillons avec plus de 1 200 entreprises depuis 2021, dont une grande partie du CAC 40. Nous délivrons en 24 heures à un mois selon l'urgence et la complexité.




